Associé du cabinet Peyrical et Sabattier, maître Peyrical évoque l’évolution de la formation et du métier d’avocat.


Pouvez-vous nous raconter votre parcours ?

J’ai commencé ma carrière à la direction du service juridique de l’architecture et du bâtiment de la mairie de Paris et cela durant six ans. J’ai ensuite passé un DEA puis une thèse. J’ai été maître de conférences à l’université Paris XIII puis Paris XI (Paris-Sud) où j’ai dirigé et dirige encore deux master 2 (le master d’achat public et un master de droit européen). Parallèlement à cela, je suis devenu avocat en 1995, puis j’ai créé un cabinet, le cabinet Peyrical et Sabattier. C’est un cabinet spécialisé en droit public qui est composé d’une quinzaine de personnes. Je préside depuis 20 ans la plus grande association d’acheteur public, l’Apasp avec laquelle nous organisons des colloques, des formations pour les acheteurs. J’ai également repris la direction de l’IDPA (Institut du Droit Public des Affaires) et je m’occupe depuis plus de 2 ans du parcours droit public de l’EFB (école de formation du Barreau de Paris).

En quoi consiste l’IDPA ?

L’IDPA est un peu une école dans l’école. La formation de l’IDPA s’adresse aux étudiants qui ont réussi leur entrée au Barreau que ce soit à Paris ou en province. Ces élèves suivent donc le cursus traditionnel de l’EFB et ont dans le même temps une formation spécialisée à IDPA en plus des cours traditionnels en soirée de 18h00 à 21h00. Cette formation leur permet d’approfondir leurs connaissances en droit public des affaires, en droit de l’environnement, droit européen, contentieux, fiscalité, contrats et urbanisme. Cette formation diplômante du fait d’un partenariat avec l’université Paris XI permet aux élèves-avocats de se professionnaliser dès lors qu’elle repose notamment sur l’étude de nombreux cas concrets.

Est-ce que l’IDPA est toujours nécessaire avec la mise en place de parcours spécialisés, notamment le parcours publiciste, à l’EFB ?

Ces formations se complètent. Le parcours publiciste mis en place récemment par le mis en place par le Bâtonnier de l’Ordre l’année dernière permet d’enrichir des connaissances en droit public. Ce parcours assez court de quelques semaines couvre un panel de sujets moins vastes que l’IDPA et n’a pas la même vocation. Si l’IDPA est une école dans l’école le parcours lui est une formation moins spécialisante qui vise à compléter des connaissances. J’ai d’ailleurs de nombreux étudiants inscrits simultanément au parcours publiciste et à l’IDPA.

Quels sont les outils que vos collaborateurs et élèves utilisent au quotidien ?

Mes collaborateurs utilisent de nombreux outils dont Doctrine et des bases de données spécialisées sur le thème de l’achat public. Concernant mes élèves je leur présente plusieurs outils et ils font ensuite leur choix.

Que pensez-vous des acteurs traditionnels de l’édition juridique ?

Dans tous les domaines de nouveaux acteurs innovent et savent se rendre indispensables. Les acteurs traditionnels dans l’édition juridique ou ailleurs doivent s’adapter et innover sinon ils disparaîtront.

Quel est votre avis sur la mise en place de la dématérialisation annoncée par le directeur des affaires juridiques de Bercy en matière de commande publique ?

C’est un objectif fixé par des directives européennes et elles doivent être transposées dans le droit français. Les acteurs (acheteurs, avocats…) doivent s’organiser en conséquence. Cette réforme est une chose positive car elle va permettre à des entreprises éloignées géographiquement de répondre à plus d’appels d’offre.

Est-ce que l’open data a des effets bénéfiques sur le droit ?

Pour le moment c’est difficile à dire car nous n’avons pas assez de recul. En ce qui concerne les marchés public l’open data concernant les commandes sera en place en 2018, cela va apporter plus de transparence et une meilleure connaissance des marchés publics. Les opérateurs vont connaître le déroulement d’un marché et son évolution dans le temps. Cela va être une vraie révolution culturelle pour les collectivités.

Un partenariat est en train de se mettre en place pour référencer surdoctrine.fr les articles écrits par vos étudiants de l’IDPA dans la gazette de l’IDPA. Pouvez-vous nous présenter la gazette de l’IDPA ?

C’est le journal d’une association des élèves-avocats de l’institut très récente qui agit comme un relais entre le monde de l’enseignement et le monde professionnel. La gazette de l’IDPA permet aux élèves de faire vivre l’association, d’interviewer d’anciens élèves, de faire découvrir de la jurisprudence et des textes d’actualité. La gazette de l’IDPA requiert beaucoup de travail et de suivi mais c’est un excellent outil pour l’IDPA et son association étudiante.

A quel défi est confronté le métier d’avocat, aujourd’hui et pour l’avenir, face au développement des entreprises de LegalTech ?

Les publicistes font face à de nombreux défis : la mise en concurrence par les collectivités publiques, la concurrence de sites qui proposent des conseils juridiques, des modèles d’actes à des prix qui défient toute concurrence. C’est à nous de nous adapter à cette concurrence et je reste optimiste car je sais que pour les clients l’intuitu personae reste très important. En effet ils ont besoin d’une relation de confiance et de conseils adaptés à leurs besoins.

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