Deux ans après la publication de son premier bilan carbone, Doctrine a de nouveau mesuré l’ensemble de ses émissions de gaz à effet de serre en 2024.
Un exercice mené avec notre partenaire Aktio qui s’inscrit dans une logique de pilotage, de comparaison dans le temps et de trajectoire bas-carbone.
Car mesurer son empreinte carbone n’a de sens que si l’on se pose ensuite les bonnes questions :
Comment évolue-t-elle à mesure que l’entreprise grandit ? Comment découpler croissance et émissions ?
Pourquoi refaire un bilan carbone ?
Le numérique représente aujourd’hui environ 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, un niveau comparable à celui du transport aérien. Malgré les progrès technologiques, la trajectoire globale du secteur reste à surveiller.
Chez Doctrine, réaliser un bilan carbone ne répond pas uniquement à une obligation réglementaire.
Nous n’y sommes d’ailleurs pas encore soumis, puisque seules les personnes morales de droit privé de plus de 500 salariés le sont (et nous sommes moins de 250 à date de février 2026).
Réaliser un bilan carbone, c’est donc avant tout pour nous :
- un outil de transparence vis-à-vis de nos clients et partenaires ;
- un outil d’aide à la décision pour identifier les leviers d’action les plus pertinents ;
- un outil de suivi, pour mesurer notre trajectoire dans le temps, à périmètre constant.
Après un premier exercice publié en 2023 au titre des émissions 2022, ce nouveau bilan nous permet donc moins de “nous juger” que de nous situer.

Comment a été réalisé ce second bilan carbone ?
Ce deuxième bilan carbone couvre la période du 1er janvier au 31 décembre 2024 et a été réalisé selon la méthodologie réglementaire BEGES, avec l’accompagnement d’Aktio.
Il prend en compte l’ensemble des émissions :
- Scope 1 : émissions directes (principalement les fuites de fluides frigorigènes liées à la climatisation) ;
- Scope 2 : émissions indirectes liées à la consommation d’électricité et de chaleur ;
- Scope 3 : autres émissions indirectes sur l’ensemble de la chaîne de valeur (achats, déplacements, numérique, usage de la plateforme, etc.).
Les émissions sont calculées à partir de données d’activité (énergie consommée, kilomètres parcourus, euros dépensés...) multipliées par des facteurs d’émission reconnus.
Toutes les données n’ont pas le même niveau de précision. En 2024, environ 24 % des émissions reposent sur des données physiques fiables. Le reste est estimé à partir de ratios monétaires, selon 5 niveaux de précision.
Lorsque les données fournisseurs n’étaient pas disponibles, nous avons fait le choix d’hypothèses prudentes, souvent majorantes, afin de ne pas sous-estimer notre impact.
Les chiffres clés de ce second bilan carbone
En 2024, Doctrine a émis 409 tonnes de CO₂ équivalent.
Cela correspond, par exemple, à :
- l’empreinte carbone annuelle d’environ 41 citoyens français ;
- ou encore 2,9 tCO₂eq par collaborateur.
👉 Rapportées à notre activité, ces émissions représentent 16,4 kgCO₂eq par millier d’euros de chiffre d’affaires.
À titre de comparaison, le ratio ADEME pour des activités proches (programmation, conseil IT, services d’information) s’élève à environ 75 kgCO₂eq / k€ HT.

Ce que montre la comparaison avec le bilan carbone de 2022
C’est ici que ce nouveau bilan prend tout son sens.
Entre 2022 et 2024, les émissions de gaz à effet de serre de Doctrine ont augmenté de +47 %,
Mais ce chiffre seul ne permet pas de savoir si c'est beaucoup, ou peu par rapport à l'activité. Le bilan carbone brut d'une entreprise donne une photographie absolue.
C'est là qu'entre en jeu la notion d'intensité carbone, qui rapporte les émissions au chiffre d'affaires. C'est un indicateur d'efficacité carbone et c'est essentiel pour analyser la performance réelle.
En l'occurrence, Doctrine est une entreprise en forte croissance. Entre 2022 et 2024, nous avons gagné la confiance de nouveaux clients, avons ouvert de nouveaux marché, avons augmenté notre masse salariale.
Notre intensité carbone (émissions rapportées au chiffre d’affaires) a diminué de 12 %.
👉 Autrement dit, Doctrine grandit, mais son empreinte carbone progresse moins vite que son activité.
Un bilan carbone ne se lit pas uniquement en émissions absolues.
Pour une entreprise en croissance, l’indicateur clé est l’intensité carbone, qui permet d’évaluer si chaque euro de chiffre d’affaires génère plus ou moins d’émissions dans le temps.
Comparer deux entreprises entre elles a peu de sens ; comparer une entreprise à elle-même dans le temps, en revanche, est instructif.
Où se situent aujourd’hui les principales émissions de Doctrine ?
Comme pour la majorité des entreprises de services numériques, la très grande majorité de notre empreinte carbone se situe dans le scope 3, qui représente plus de 90 % des émissions. Précisément chez Doctrine 97 %.

Les achats : le premier poste d’émissions (71 %)
Les achats de biens et surtout de services constituent le principal poste d’émissions :
- événements et restauration ;
- abonnements logiciels ;
- dépenses marketing et publicitaires.
Ces émissions sont majoritairement calculées à partir de données monétaires, ce qui implique une incertitude plus élevée et une probable surestimation.
Elles constituent néanmoins le principal levier d’action identifié.
Le numérique : un impact réel mais contenu (7 %)
L’hébergement cloud et les outils numériques représentent environ 7 % des émissions totales.
Lorsque les données fournisseurs sont disponibles (AWS, Google Workspace), elles sont utilisées. Certaines limites subsistent néanmoins :
- les émissions AWS ne couvrent pas encore l’intégralité du scope 3 ;
- certains outils restent estimés via des ratios monétaires
Pour une plateforme d'IA juridique riche en données, cet ordre de grandeur reste relativement contenu.
Les déplacements de personnes (6 %)
Les déplacements professionnels (transport et hébergement) constituent l’essentiel de ce poste.
Les trajets domicile-travail représentent une part plus limitée, majoritairement réalisés en transports en commun.
Avec l’internationalisation de Doctrine en Allemagne et en Italie, ce poste fera l’objet d’un suivi renforcé dans les prochaines années.
Les services rendus aux clients
Le bilan intègre également les émissions liées à l’utilisation de la plateforme Doctrine :
- prorata de fabrication des équipements utilisateurs ;
- consommation des réseaux et transferts de données.
Ces éléments permettent de disposer d’ordres de grandeur fiables pour répondre aux questions de nos clients sur l’impact environnemental de l’usage de nos services.

Et maintenant ? Vers une trajectoire bas-carbone
Réaliser un bilan carbone n’est pas une fin en soi. C’est un outil de décision.
Les priorités identifiées pour la suite sont claires :
- améliorer la qualité des données, notamment en travaillant avec nos principaux fournisseurs ;
- concentrer les efforts sur les postes les plus émetteurs (achats, déplacements, numérique) ;
- structurer une trajectoire de réduction cohérente avec la croissance de Doctrine ;
- continuer à sensibiliser nos équipes et à intégrer ces enjeux dans nos choix opérationnels.
En conclusion
Ce second bilan carbone confirme une conviction forte : la croissance d’une entreprise de services numériques peut s’accompagner d’une meilleure maîtrise de son impact environnemental, à condition de mesurer, d’analyser et de piloter.
Chez Doctrine, nous avons choisi la transparence, la rigueur méthodologique et l’amélioration continue.
Ce bilan n’est pas un aboutissement, mais une étape supplémentaire dans une trajectoire que nous continuerons à mesurer, ajuster et partager.